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WURI Guinée : L’UGP et les parties prenantes pré-valident le PTBA 2021 à Forécariah

L’Unité de gestion du Projet WURI Guinée a organisé du 18 au 21 Novembre 2020 au complexe hôtelier Maf Village, dans la sous-préfecture de MaferinyadansForéacriah, l’atelier de préparation et de pré-validation de son PTBA 2021 (Plan de travail et budget annuel).

Une trentaine de participants issus des départements ministériels et des services publics et privés ont pris part à cette rencontre.

Selon le Rapporteur du Secrétariat technique de l’identification numérique des personnes physiques et de la modernisation de l’état civil guinéen (STINEC), Moustapha Kobélé Kéita, ‘’l’élaboration du PTBA 2021 a consisté à revoir les activités planifiées du PTBA 2020 non réalisées et la prise en compte des activités prioritaires de l’année 2021 issues de la stratégie de passation des marchés (PPSD) élaborée en août 2020 et celles identifiées lors des différentes réunions du STINEC.

« Au titre des débats, les commentaires suivants ont été notés : prendre en compte dans les TDR un livrable relatif à l’élaboration des textes d’applications de la Loi qui régit la protection des données à caractères personnels ; pans le cadre de la pérennisation des acquis de WURI, faire un programme pour une synergie de travail entre le MPTEN et l’équipe technique WURI ; régulariser les actes d’état-civil pour des fins administratives ; dans le PTBA 2021, ajouter le Ministère de l’Action sociale et des Personnes vulnérables (Fonds de développement social – FDS-), a indiqué Moustapha Kobélé Kéita, également Conseiller juridique du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation

Et de poursuivre : « la prise en compte des activités proposées dans les réunions du STINEC notamment: aménagement/rénovation des locaux de l’agence; aménagement/rénovation Data Center ; équipement agence; équipement data center; acquisition des matériels et équipements informatiques pour la mise en place d’un incubateur à l’Agence nationale de l’innovation et de l’économie numérique et l’acquisition des matériels et équipements informatiques pour l’opérationnalisation du nom de domaine .gn ».

En outre, le Coordonnateur du Projet WURI Guinée, Ibrahima Sory Keita, représentant le Premier ministre à cette cérémonie, a rassuré de la prise en compte de plusieurs activités allant dans le sens de faciliter aux bénéficiaires l’accès équitable aux services publics et privés.

« La Guinée a eu le privilège d’être parmi les pays pilotes de ce projet qui vise à donner un identifiant numérique à tous les résidents et même aux Guinéens de l’extérieur afin qu’ils bénéficient des services offerts par l’Etat, mais aussi par le secteur privé. Nous allons partir sur le terrain pour procéder à l’enrôlement de 4000 personnes afin de jauger la capacité de notre équipement, mais aussi de nos techniciens à réaliser le travail(…) », a promis M. Kéita.

Au terme de quatre jours de travaux, le PTBA 2021 du projet WURI a été pré-validé par la trentaine de participants. Ce document sera transmis dans les prochains joursà la Banque mondiale pour y apporter ses commentaires en vue de la validation du document par le Comité de pilotage dirigé par le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana.

Lancé le 26 août 2019, le projet WURI, placé sous tutelle de la Primature, est une initiative du Gouvernement guinéen financée par la Banque mondiale à hauteur de 59,7 millions de dollars US.

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Atelier régional virtuel : Six pays de la CEDEAO partagent leurs expériences sur l’identification unique

Un atelier de partage d’expériences et de bonnes pratiques entre les pays membres du Programme d’identification unique pour l’intégration régionale et l’inclusion en Afrique de l’Ouest (WURI) a démarré lundi 28 septembre dernier.

En Guinée, toutes les différentes parties prenantes parmi lesquelles les points focaux issus des départements ministériels prennent part aux travaux de cette rencontre aux côtés du Coordinateur national du projet WURI Guinée, Ibrahima Sory Keita.

Durant quatre jours (du 28 septembre au 1er octobre), la coordination WURI Guinée dans un réceptif hôtelier de Conakry va échanger en visioconférence avec celles d’autres pays membres, leurs expériences pour une meilleure mise en œuvre de ce programme qui vise à offrir un identifiant unique à chaque habitant de la zone ouest africaine.

Selon Ferdinand Goumou, l’ingénieur sécurité-réseau de WURI-Guinée, cette rencontre de quatre jours permettra d’implémenter l’interopérabilité entre les pays membres abritant le projet WURI.

« Cet atelier va nous permettre d’avoir ce qu’on appelle l’interopérabilité entre les autres pays membres. Aujourd’hui, nous développons le projet WURI et ça va nous permettra de pouvoir interagir avec tous les systèmes existants en Guinée. Au-delà de tous ces systèmes existants en Guinée, nous allons aussi interagir avec les systèmes existants dans les autres pays. Donc, cet atelier permet de pouvoir échanger les points d’accord afin de pouvoir faire l’interopérabilité avec les autres systèmes existants dans les autres pays », dira Fernand Goumou. Poursuivant, il dira que WURI va aussi permettre à chaque guinéen d’avoir un numéro identifiant. « Aujourd’hui, il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas identifiées. Lorsque tu as un identifiant, il y a beaucoup d’apport que le gouvernement est en train d’organiser, mais cela peut seulement être opérationnel lorsque vous avez un identifiant. Donc, si la population est identifiée, ça sera plus facile pour la population de pouvoir bénéficier les accompagnements de l’Etat et d’autres systèmes déjà que nous connaissons comme les passeports et les cartes d’identités nationales. »

Pour sa part, le Coordinateur national de WURI Guinée, Ibrahima Sory Keita, également Conseiller du Premier ministre en charge des Telecoms et de l’économie numérique dira que cet atelier technique démontre que les Etats africains savent faire d’autres activités qui rejoignent les valeurs fondamentales.

« Nous sommes heureux de participer à cet atelier technique qui vient démontrer que les Etats africains notamment de la CEDEAO, après une soixantaine d’indépendance, savent faire d’autres activités qui rejoignent les valeurs fondamentales qui ont parrainé nos indépendances. WURI est un projet régional de la CEDEAO qui permettra de faciliter le mouvement des personnes et des biens au sein de la communauté et qui permettra de faciliter l’accès des individus au service de leurs Etats (…) Nous sommes donc en connexion avec tous les autres pays qui ont déjà rejoint le programme WURI. La Guinée et la Côte d’Ivoire étaient les deux pays pilotes. Nous avons l’avantage d’être les plus avancés parce que nous avons déjà esquissé notre plateforme et nous sommes en partage pour permettre de mettre à la disposition des autres pays frères, les avancées qui nous avons faites. Mais aussi avec beaucoup d’humilité, aller à leurs écoles. »

A rappeler que le programme WURI-Guinée est une initiative du gouvernement guinéen financé par le Groupe Banque mondiale à hauteur de 49,7 millions de dollars US.

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Identification numérique : Le Gouvernement Guinéen lance la carte nationale d’identité biométrique et les actes d’état civil sécurisés

La cérémonie de lancement officiel de la carte nationale d’identité biométrique et les actes d’état civil sécurisés s’est déroulée mercredi 9 Septembre, dans la salle des actes de la mairie de Matoto.

Cette cérémonie a connu la présence de la Directrice de cabinet de la Primature, représentant le Premier Ministre, du Ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, le Général Bouréma Condé, du Ministre de la Justice, MoryDoumbouya, du Ministre de la sécurité et de la Protection civile, Albert Damantang Camara, du Ministre de la Santé, le colonel Rémi Lamah.

Après les discours, les officiels ont procédé au lancement simultané de ces documents d’identité à la mairie de Matoto pour la délivrance des actes d’état civil et au commissariat urbain de Matoto pour la carte nationale d’identité biométrique.

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Le STINEC ouvre la voie à l’accélération du processus d’identification numérique et de modernisation de l’état civil guinéen

Une réunion du Secrétariat technique de l’identification numérique des personnes et la modernisation de l’état civil (STINEC) s’est tenue Mardi 10 Novembre 2020 sous la présidence de son Président, M. Ibrahima Sory KEITA, Conseiller du Premier Ministre en charge des Télécommunications et de l’Economie numérique.

La réunion a commencé par la présentation officielle de deux consultants du Programme d’Enregistrements des statistiques vitales de l’état civil (ESEC) ont été officiellement présentés aux membres du STINEC. Il s’agit de M. Mamadou Dian DIALLO, un expert local qui était en présentiel et M. Jean Paul Alater, un expert international qui a suivi la réunion en visioconférence depuis Paris (France).

Ces deux consultants auront pour mission d’élaborer le Plan quinquennal budgétisé de mise en œuvre du volet état civil du Dossier d’investissement pour la période allant d’Octobre 2020 à fin Janvier 2021.

Au cours de la rencontre, les débats se sont focalisés sur l’état d’avancement desdifférents systèmes biométriques dont le développement du pilote du projet WURI, la biométrisation des permis de conduire au ministère des Transports, la mise en place du registre social unifié (RSU) au ministère de l’Action sociale et des personnes vulnérables.

A cela s’ajoutent : la question de gratuité des cartes nationale d’identité pour les bénéficiaires des services de l’ANIES, le renouvellement des cartes de presse professionnelles des journalistes à la HAC (Haute Autorité de la Communication).

Dans la même logique, le  ministère de la Sécurité et de la Protection civile a énuméré plusieurs activités en cours dans les différents services du département. Notamment, la délivrance des cartes nationale d’identité biométrique, l’identification biométrique des sociétés privée de sécurité pour assainir le secteur et le renouvellement annuel des autorisations délivrées aux sociétés de gardiennage.

En réponse à la question liée à la Gratuité des actes d’état civil et de la carte d’identité biométrique pour les indigents, le MATD et le MSCP ont évoqué la nécessite d’accroitre le taux de déclaration des naissances par la prise en charge de l’enregistrement gratuit des naissances afin de satisfaire aux exigences des normes internationales.

Au support de leur plaidoyer, ils ont rappelé que la gratuité est désormais le principe dans la quasi-totalité des pays du monde.

Le président du STINEC s’est dit être très satisfait de ces échanges et de la dynamique amorcée et remercie les participations. Un compte rendu fidèle sera fait à l’endroit du Président du Comité de pilotage (CPINEC) et des membres du STINEC. 

Au terme de la réunion, plusieurs recommandations ont été faites, dont entre autres :

- Relancer le Maire de la commune de Matoto pour diligenter le démarrage effectif des opérations de délivrance des actes d’état civil et la carte nationale d’identité biométrique à l’instar des autres communes de la capitale (MSPC, MATD) ;

- Proposer des solutions de prise en charge de l’enregistrement gratuit des naissances pour accroitre le taux de déclaration des naissances et satisfaire aux exigences des normes internationales (MATD, MSPC) ;

- Assujettir la vaccination des enfants à la présentation de leur déclaration de naissance (Ministère de la Santé) ;

- Assujettir l’immatriculation des véhicules à la souscription de l’assurance avant leur mise en circulation pour éviter des cas d’accidentés de la circulation non pris en charge (Ministère des Transports) ;

- Prendre en charge les frais liés à l’obtention de la carte nationale d’identité biométrique pour les bénéficiaires des transferts monétaires afin de leur permettre de conserver la carte SIM qui leur a été donnée pour les recevoir (ANIES).

- Délivrer en priorité les cartes des pauvres pris en charge par l’ANIES (MATD, MSPC)

- Tenir l’atelier de validation du PTBA 2021 du Projet WURI Guinée du 17 au 20 Novembre 2020 (WURI Guinée) ;

- Tenir une réunion de concertation sur le ciblage des localités pilotes (WURI, ANIES) ;

- Prendre en compte le cas des Guinéens de l’étranger dans le cadre de la délivrance des actes d’état civil et la carte nationale d’identité biométrique (MATD, MSPC).

En outre, il a été recommandé d’introduire dans le PTBA 2021 les activités suivantes :le recensement biométrique des professionnels de médias privés, l’acquisition des matériels et équipements informatiques pour la mise en place d’un incubateur à l’Agence nationale de l’innovation et de l’économie numérique, l’acquisition des matériels et équipements informatiques pour l’opérationnalisation du nom de domaine et les Etudes (Consultant Cabinet Guinée Télécoms ;Banque d’affaires Guinée Télécoms, Etude PPP SOGEB et Consultant pour mener le processus SOGEB).

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Partenariat : L’équipe technique du projet WURI rencontre le DGA de l’ARPT

Dans le cadre de sa mise en œuvre, le projet WURI Guinée multiplie les contacts avec différents services publics et privés pour un éventuel partenariat entre ces différentes entités.

C’est dans ce cadre que l’équipe technique de WURI a été reçue mercredi 8 septembre dans les locaux de l’ARPT par son Directeur général adjoint, Mamy Diaby.

La rencontre a commencé par la présentation de l’équipe de WURI par son Directeur technique, le Dr. HimiDeen Touré.

Outre le Directeur technique, le Dr. HimiDeen Touré, cette délégation de WURI était conduite par le chef développeur, Ibrahima Mouctar Diallo et l’ingénieur sécurité réseau, Ferdinand Goumou.

En faisant une présentation du projet WURI, le chef développeur de WURI a décliné présentant ses objectifs qui se résument principalement par : la mise en place d’un registre national biométrique des populations physiques, l’attribution à chaque Guinéen d’un numéro unique, l’amélioration de la gouvernance et l’accès aux services sociaux de base.

Dans la même logique, M. Diallo a indiqué que WURI est un projet domicilié à la Primature avec un financement de la Banque mondiale.

Visiblement impressionné par la présentation du projet WURI, le Directeur général adjoint de l’ARPT, Mamy Diaby a salué l’initiative avant de chercher à comprendre le fonctionnement en terme architectural du projet.

En outre, il a fait un large commentaire sur les missions de son institution entre l’Etat, les opérateurs et les consommateurs.

La rencontre a permis d’échanger d’une part sur le projet WURI, mais aussi sur le secteur régulé.

Le DGA de l’ARPT a enfin invité la délégation de WURI à identifier leurs besoins pour l’accompagnement de l’ARPT qui reste un potentiel privilégié dans sa collaboration avec les services publics et privés.

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Dr HimiDeen Touré, DT WURI Guinée : « Bientôt un identifiant national unique pour chaque citoyen guinéen »

Le gouvernement a lancé, il y a un an, un programme d’identification nationale unique (UNI) grâce au financement de la Banque mondiale. Ce programme, appelé WURI, vise l’intégration régionale et l’inclusion en Afrique de l’Ouest. Guinéenews© a rencontré le Dr HimiDeen Touré, Directeur technique WURI Guinée, pour échanger sur ce programme innovant et transversal.

Guinéenews : le gouvernement guinéen a lancé en juin 2019, un programme appelé WURI Guinée. C’est quoi ce programme ?

HimiDeen Touré : le programme WURI est un programme sous-régional financé par la Banque mondiale. Pour nous, spécifiquement en Guinée, premier pays pilote, ce programme a été mis en vigueur le 26 Juin 2018 et son lancement officiel a eu lieu le 26 juin 2019. WURI, c’est l’acronyme de Programme d’identification numérique pour l’intégration régionale et l’inclusion en Afrique de l’Ouest. Comme vous le voyez, on parle d’identification, d’inclusion et d’intégration régionale. Parce que le problème que WURI veut traiter, est un programme qui vise à inclure l’ensemble des personnes qui n’ont pas d’identité.

Je rappelle la question d’identification est un problème majeur, que ce soit en Guinée ou dans la région ouest-africaine où 196 millions de personnes n’ont pas de document d’identité. C’est même un problème mondial. A l’échelle planétaire, ce sont 1,5 milliards de personnes qui n’ont pas de preuves d’identité.

Donc, le programme WURI vise à attribuer à chaque Guinéen et aux étrangers vivant en Guinée, un identifiant unique pour favoriser leur accès aux services.

Guinéenews : beaucoup d’acteurs sont impliqués dans la mise en œuvre de ce projet. Qui sont-ils ?

Aujourd’hui, notre programme qui vise l’identification des personnes physiques, c’est-à-dire le citoyen-même, est un programme transverse et s’adresse l’ensemble des services publics ou privés. En Guinée, dans le cadre de la mise en place de ce projet, on a pensé, dans une première phase, aux acteurs qui sont directement associés à l’identification des personnes. Donc, c’est le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation qui gère l’état civil en Guinée, le Ministère de la Justice qui gère les jugements supplétifs et donne l’identité, le Ministère de la Santé, le Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, le Ministère des Postes Télécommunications et de l’Economie numérique. A ce comité s’ajoutent le Ministère du Plan et du Développement économique et le Ministère de la Coopération et de l’Intégration africaine. Donc, cet ensemble d’acteurs constituent la gouvernance, le comité de pilotage. Mais au-delà, on a tous les départements ministériels qui sont membres du secrétariat technique de ce projet et qui sont aussi bénéficiaires, parce que les services couverts par ce projet s’adressent aux citoyens.

On sait que ce programme a été appuyé par la Banque mondiale. Qu’est-ce qui a poussé cette institution à financer une telle initiative ?

C’est tout simplement une convergence des projets portés par notre pays, mais aussi par la Banque. En effet, la Banque mondiale, à travers son programme ID4D (Identification for development), avait déjà fait le constat de ce problème mondial. Entre temps, notre pays aussi est conscient que l’identification des personnes physiques est une problématique majeure. Quand on inscrit la promotion de la bonne gouvernance dans notre premier pilier du PNDES, on met aussi l’accent sur le développement durable et sur la qualité de la gouvernance. Cela passe par la maitrise des politiques, de sa population et des citoyens. Donc, la Guinée aussi se devait de saisir cette opportunité.

Parlez-nous des différentes composantes du programme WURI ?

On a voulu que la mise en œuvre de WURI suive une certaine approche. Avec la Banque mondiale, on a convenu, le gouvernement guinéen et ses partenaires au développement, mais aussi les autres pays de la sous-région, d’adopter une approche programmatique multiphase. Le programme doit ainsi obéir à trois composantes majeures qui devront être implantées par chaque pays.

Ces trois composantes portent essentiellement sur le cadre juridique et institutionnel. Donc, tous les pays doivent préparer le terrain pour la mise en place d’un système d’identification numérique. Ce qui voudrait dire que les aspects juridiques et institutionnels devraient être réglés dans cette phase ; des questions relatives à la protection des données à caractère personnel, à la gestion des plaintes, etc.

La composante 2 porte essentiellement sur l’implémentation du système d’identification lui-même. Il y a un système d’identification biométrique qui doit être fiable et sécurisé, assurer l’unicité de l’identifiant qui doit être émis.

La composante 3 va porter essentiellement sur l’accès aux services. Le programme est un outil qui doit améliorer l’accès aux services des populations, d’où la digitalisation des services. Le but n’est pas seulement d’identifiant, mais que les Guinéens ou les résidents en Guinée puissent facilement accéder aux services comme ça se fait dans l’ensemble des pays développés.

Comment comptez-vous mettre en œuvre la composante 2, qui est très importante dans ce programme ?

La composante 2, c’est la plus intéressante dans ce projet et fait plus de 90% du budget de ce projet. Elle porte sur l’implémentation d’un système d’identification, fiable, sécurisé.

Habituellement, ce sont des systèmes qui sont déjà développés par certaines grandes sociétés. Spécialement au programme WURI, la Guinée a choisi une nouvelle approche. Au lieu d’externaliser, de faire une passation de marchés où des grandes compagnies étrangères auront des marchés, ou de donner à des acteurs de la sous-région, on va faire appel aux Guinéens de la diaspora et à ceux qui sont ici, pour qu’ils puissent construire notre plateforme.

 

En développant par nous-mêmes, on s’assure de la sécurité, de la confidentialité et de l’intégrité des données, on s’assure de la maitrise des coûts, on donne de l’opportunité aux Guinéens de travailler sur des sujets d’envergure. Là, c’est une démarche assez particulière qui vise ici à renforcer les capacités des Guinéens sur des technologies biométriques qui sont de plus en plus utilisées dans nos pays. Donc, désormais si nous-sommes nous sommes propriétaires de notre solution, alors on pourra tout naturellement faciliter la digitalisation de nos pays, faciliter l’intégration de tous les services que nous mettrons en place.

Est-ce qu’il n’y a pas de risques que des données à caractère personnel soient utilisées à d’autres fins ?

Pas du tout ! C’est pourquoi la composante 1 vient régler ce problème, c’est-à-dire avant même qu’on parle de système d’identification, on prépare le terrain. Donc, cette préparation de terrain consiste à régler tous ces aspects juridiques et institutionnels. Aujourd’hui, nous avons déjà lancé une étude sur l’examen de l’environnement juridique et de l’identité numérique en Guinée. On connait l’identité de manière classique. Le Code civil le définit clairement. Mais rajouter l’identifiant pour définir une personne pour rajouter l’identité mobile, l’identité numérique, ce sont des nouveaux concepts qui doivent être intégrés dans notre cadre juridique. Donc, ces sujets ont été traités. I

Il y a des lois qui ont été préparées par le Ministère des Télécommunications et de l’Economie numérique, la loi L035 et L037 relatives aux données à caractère personnel, mais aussi aux échanges des données informatiques. Donc, ces deux lois aussi doivent être améliorées pour prendre en compte le concept de l’identification numérique et permettre la conduite au changement au niveau administratif.

En effet, il faut que les documents administratifs puissent prendre en compte l’identifiant pour caractériser un individu et que par la suite on ait un cadre qui sécurise.

Au-delà du cadre juridique, il y a la gestion des plaintes et des réclamations. Il faut que la mise en place de ce système donne la possibilité aux citoyens de contrôler tout ce qui est fait de ces données. Donc, il y a aussi ces questions, des numéros anonymes et des centres qui vont être ouverts pour être à l’écoute des populations pour qu’on puisse améliorer ce qui va être mis en place. Il faut que les citoyens soient propriétaires de leurs données et qu’ils sachent quelle utilisation a été faite de leurs données. Tous ces points vont être traités dans la composante 1.

La stratégie de mise en œuvre et les résultats attendus de ce programme ressemblent à ceux des autres systèmes biométriques existants. Y a-t-il de différence entre ces différents systèmes ?

Il y a une différence fondamentale entre ces différents systèmes. La plateforme UNIR que nous implémentons vient régler la question de centralisation et d’interopérabilité des systèmes fonctionnels actuels.

En effet, nous avons à la Fonction publique un système biométrique, c’est le cas à la CENI, au ministère de la Sécurité pour le passeport, etc. Donc, ce sont des systèmes biométriques qui fonctionnent.

Mais quel est le lien entre eux ? Qu’est-ce qui rattache le système des passeports à la Fonction publique ? Donc un citoyen guinéen est obligé de s’enregistrer auprès de tous les services.

Il manque un noyau, une base centrale qui viendra relier tous ces différents systèmes, un registre national de l’ensemble des personnes physiques en Guinée. La plateforme UNIR va concerner tous les résidents en Guinée, mais également les Guinéens de l’étranger. Et son rôle sera de s’interfacer avec l’ensemble des services pour permettre une interopérabilité totale, faciliter les échanges de données et assurer la fiabilité de l’identité des résidents en Guinée et les Guinéens de l’étranger.

En termes financiers, qu’est-ce que la Guinée peut bénéficier de WURI ?

En termes financiers, on a déjà l’accord de la Banque mondiale à hauteur de 50 millions de dollars. Secundo, quand on fait développer un système par les Guinéens eux-mêmes, on réduit drastiquement le coût parce qu’une solution comme celle-ci s’achète à des dizaines de millions de dollars. Mais avec cet argent, on pourrait donner l’opportunité aux Guinéens de travailler. Ensuite, quand on prend la digitalisation des services publics, cela réduit la fraude. Et qui dit bonne gouvernance, dit économie des ressources, amélioration de la qualité des services. C’est le cas aussi des services privés. Aujourd’hui, on dit que les taux d’intérêt au niveau des banques sont élevés, c’est parce qu’il y a eu des risques qui peuvent être associés parfois à l’identification des personnes. Donc, si on réduit ces facteurs, les taux d’intérêts pourraient diminuer. Donc, il y a tout un ensemble de services dans notre pays qui seront impactés directement ou indirectement par la mise en place de ce système.

Il y a une année depuis que ce programme a été mis en place. Qu’est-ce qui a déjà été fait ?

Concrètement, la phase 1 a porté essentiellement sur les activités de la composante 1. En plus de la revue de l’environnement juridique que j’ai déjà évoquée, il y a le manuel de procédure du programme pour régir le fonctionnement. Au-delà, on a fait des études sur l’évaluation d’impact, une étude qui est très importants vu que ce programme est fait pour les citoyens. Donc, dès le départ, on a voulu prendre en compte leurs préoccupations par rapport à ce projet. Il y a aussi l’une évaluation sociale qui a permis au consultant en charge de cette question de sillonner le pays pour recueillir les avis des populations sur un tel programme. Nous avons ensuite fait des études techniques, c’est-à-dire la conception de la solution et aujourd’hui le développement de cette solution en mode pilote qui va viser 4 à 5 000 enregistrements. Une fois faite, alors on ira à l’échelle nationale. Il y aussi une étude qui est en vue, qui porte sur l’audit des systèmes biométriques. Comme vous l’avez dit, on a déjà des systèmes biométriques. La question est de savoir ce que WURI va apporter. Est-ce que cette base va être meilleure à ce qui est déjà là ? On a l’obligation de faire mieux et de définir des standards pour que tout autre système qui viendrait puisse répondre à cette architecture minimaliste en termes de sécurité, de transfert de données et d’interopérabilité.

Est-ce que les citoyens dont vous avez recueilli les avis adhèrent à ce programme ?

Cette étude portait sur l’expression des besoins. Il y a les questions de vulnérabilité et de sensibilité au système d’identification. Il y a parfois des problèmes de communication ou en tout cas le langage qui n’est pas compris, car tout le monde parle de biométrie dans ce pays. Tout le monde vient enregistrer tous les jours les citoyens. Mais quelle est la place de WURI dans tout ça ? C’était ça l’intérêt de cette visite ; et on a écouté les populations. On a essayé de comprendre quelles pouvaient être leurs motivations. Pourquoi un agriculteur voudra son identifiant ? Pourquoi un pêcheur voudra son identifiant ? Quel intérêt a-t-il à avoir un identifiant ? Quels sont les éléments moteurs qui pourraient l’inciter à venir s’enregistrer auprès de WURI. Donc, c’est toutes ces questions, pourquoi on prend ces données biométriques ? La notion de biométrie pour eux, c’est quoi ? C’est un ensemble de questionnaires qu’on a eu à évoquer avec les populations pour que dans la phase d’enrôlement qu’on puisse les intégrer et donc facilement attirer les gens vers le projet et donner des identifiants à l’ensemble des résidents en Guinée. Pour les personnes résidant à l’étranger, c’est un peu plus facile. Dans les pays où se trouvent ces Guinéens, il y a parfois ces genres de systèmes, donc ils sont habitués. Il y a déjà une culture qui est là. Maintenant, il faut qu’on crée cette culture au niveau de nos populations. D’où l’étude sociale qui va être suivie par l’étude d’impact avant le système WURI. Il faut la faire pour identifier les besoins. Et à la fin du projet, on pourra savoir qu’est-ce que WURI a changé pour nos populations.

Pour que tout programme puisse réussir, il faut la communication. Afin d’atteindre vos cibles, quels sont les canaux de communication que vous utilisez ?

La première chose, c’était de définir notre stratégie globale de communication. Cela a été fait et on a un spécialiste en communication qui est aussi en charge de ces questions. La deuxième chose, c’est la stratégie d’opérationnalisation. Quand on a validé la stratégie de communication, c’est le lancement des outils qu’il nous faut mettre en œuvre pour avoir une communication réussie, un impact. En parlant d’impact, la troisième phase, c’est l’évaluation de notre communication. Aujourd’hui nous avons notre page Facebook Programme WURI Guinée qui est active. Je rappelle que toutes les activités de WURI en ce qui concerne la validation de son plan de travail, on l’a fait aussi à l’intérieur du pays pour être au plus près des citoyens et leur dire qu’on sera avec eux dès que le système sera prêt, parce qu’il est bon. Ensuite, on a un site Web www.wuriguinee.com qui est aussi une vitrine, et enfin une adresse e-mail disponible à tous qui est : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. Tous ceux qui sont désireux de contribuer à ce programme peuvent nous contacter pour apporter leur part dans la construction du système d’identification nationale. Je profite de l’occasion pour inviter tous les Guinéens à l’étranger et tous les Guinéens ici, toutes les personnes ressources de se manifester via notre adresse e-mail et nous serons désireux à toute forme de contribution, qu’elle soit technique, ou qu’elle puisse autre sociale, juridique et autre.

Aujourd’hui en Guinée, nous avons un problème d’identification de nos populations. Ce qui entraine des difficultés d’accès aux services, ce qui entraine l’exclusion d’une certaine catégorie de populations. La mise en place d’un tel système, ou l’attribution d’un identifiant unique à chaque citoyen est aujourd’hui un passage obligatoire pour la digitalisation des services d’un pays, pour la construction d’un Etat fort, parce que tout simplement cela améliore la gouvernance, qui est une priorité pour notre pays. Ceux qui sont à l’étranger le savent déjà. L’identifiant est connu comme numéro de sécurité sociale dans certains pays. Donc, la Guinée aussi va se doter de ce système. Au moment venu, on les invitera à souscrire à leur identifiant national guinéen. Ceux qui sont en Guinée, l’intérêt immédiat de cet identifiant, c’est assurer l’unicité des personnes, éviter certains travers sociaux. Aujourd’hui, il n’est pas normal, pour qui que ce soit, d’avoir deux ou trois extraits de naissance. En disposant des identifiants, on facilite aussi la définition des politiques publiques parce que désormais le gouvernement saura combien de personnes on a. Par conséquent, on peut plus facilement gérer les problèmes des populations.

Bientôt le lancement des cartes d’identité nationale biométriques. Y a-t-il vraiment une différence avec l’unique numéro d’identifiant et cette carte biométrique ?

Dr HimiDeen Touré : c’est aussi un service que le gouvernement offre aux Guinéens. C’est-à-dire la carte d’identité nationale biométrique, c’est un document régalien, c’est pour les Guinéens. Quand on est étranger en Guinée, on aura un titre de séjour. Maintenant, ce que le Programme WURI donne, ce n’est pas qu’un service. C’est un identifiant pour assurer l’unicité. Le registre UNIR qu’on va constituer va au-delà du Guinéen. C’est un registre qui permet l’inclusion, c’est l’ensemble des personnes en Guinée.

Cet identifiant nous permettra de faire le lien entre la carte nationale d’identité (CNI), le titre de séjour pour ce qui concerne les étrangers. Ça permet aussi de faire le lien avec le permis [de conduire] si demain celui-ci est digitalisé. Donc, c’est un identifiant qui est ici une clé centrale pour l’ensemble des services qu’on a dans le pays. Quand on prend la France par exemple, ils ont un numéro de sécurité sociale, mais cela n’empêche pas qu’ils aient une carte nationale d’identité, un permis ou un passeport. Il y a la notion de service et il y a la notion de système central, d’où le registre national des personnes physiques.

Est-ce qu’il y a un âge requis pour figurer dans ce registre national ?

Tout le monde sera identifié. L’identifiant qui sera attribué sera à vie. On veillera à la phase de déploiement que même dans les hôpitaux qu’on ait la possibilité d’enregistrer les nouveau-nés. A différents âges, on saura comment enregistrer selon les données bien spécifiques. Comme je le disais, on parle de biométrie. La composante 1 a déjà réglé ces questions, on ne parlera pas de la biométrie de n’importe qui, pas à n’importe quel âge. Il y a la réglementation que le gouvernement va définir. On ne fera pas la biométrie des enfants. Il y a un âge à partir duquel on va prendre la biométrie des personnes. Il y a aussi des moments où on peut venir mettre à jour ces informations. C’est-à-dire, un enfant qui n’a pas sa biométrie prise, pourra le faire par exemple à ses 15 ans ou 16 ans. Il y a aussi la notion de consentement. Quand on est enfant, il y a un tuteur qui viendra répondre et pour qui la biométrie sera faite. Mais ce sont des éléments qui seront expliqués à l’ensemble des citoyens dans la phase déploiement pour qu’ils sachent comment venir s’enrôler et qu’ils sachent aussi à quoi s’attendre à la fin de cet enrôlement, car toute personne enrôlée aura un identifiant unique.

À date, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

La première chose, c’est que notre pays, contrairement aux autres, a fait de ce programme une priorité, parce qu’on n’avait pas de prérequis, on n’avait pas de fondamentaux. Prendre la décision de concevoir un système par nous-mêmes, c’est aussi un challenge technologique à relever, chose que l’équipe technique qui a été recrutée, constituée de Guinéens locaux et de la diaspora, a relevé.

Un programme aussi transversal fait appel à l’ensemble des acteurs au niveau public nécessite une bonne coordination des activités. Donc, c’est un challenge qui a été géré au niveau de la gouvernance du projet. Au sein de chaque département, on a des points focaux ; et même dans les services privés, nous avons des interlocuteurs.

Ensuite, les aspects récents liés au Coronavirus impacte l’évolution des activités d’une manière générale. Mais, il y a eu des mesures qui ont été mises en place (télétravail).

En conclusion, le Programme WURI évolue bien. Le prototype de la solution a été présenté au Premier ministre récemment. Nous allons très bientôt aller dans la phase déploiement. Une communication adaptée et appropriée sera aussi faite dans ce sens pour préparer les populations.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=25&v=h8wsmStikPo&feature=emb_logo

Source : Guineenews.org

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